27.4.10

"At The Quinte Hotel"

Réveil 5h30, partouze avec des sueurs hallucinatoires et une pâteuse incohérente: je n'ai presque pas bu hier soir, ce doit être un mal ancien (ou une simple insolation), les vrais savent. Je fais l'ouverture du Continental quelques heures après la fermeture du Vittoria, même pas des bars tendance, les fifilles en jujupettes ne regardent même pas l'enseigne, encore moins la terrasse. Caféine, nicotine, urine, je ne prendrai pas le train de 7h09. Cette ville n'est belle que le matin ; une certaine odeur, les pavés humides, les vieux déambulant avec un pain, un journal et une cigarette, et le soleil qui habille langoureusement le paysage en chuchotant "hé mec, ne va pas loin". J'écouterai le poignet droit (ou gauche) du vagabond Kerouac pour cette fois.

Citer (encore) Kerouac en écoutant Lou Reed, avec un sac délavé, une valise déchirée usée, clin d'œil métallique de la roue explosée par le goudron dégueulasse des rues à moitié oubliées: je viens de foirer l'originalité en espérant une certaine authenticité, qui semble plus lointaine que le trajet Valence-Grenoble.

Je n'avais jamais rien planté avant cette année. Ça paraît anodin mais jusque là tout réussissait parfaitement, ou du moins j'accomplissais sans en branler une les choses que j'entreprenais, prince de la classe moyenne, qui y croyait sans y croire. Mais cette idée de l'échec me venait en même temps que l'année avançait, et il est des fois plus difficile de louper son année que de la réussir. Bousculer la sécurité, briser le cycle que l'on exécute tout les jours, maman déçue, papa (où est papa?), la bouffe, le sommeil, l'excès, la raison, le travail. Je ne comprend pas que l'on puisse accepter, s'isoler et empêcher toute aventure. La lenteur est un luxe. Sauf que cette fois, j'ai tout brisé simultanément: décembre fut gris. Comme avec les filles (désolé les filles), où une phrase prononcée par madame peut ruiner d'un coup de latte insensible et ignoré tout le reste. On peut très bien tenter d'oublier la phrase, avancer ; mais pourquoi? Comme celles qui croient être avec un poète, comme ceux qui croient voir un "futur ça" ou ça, leurs envies me propulse là où ils ne veulent pas que je sois, déroute idéale.

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