14.12.11

encore un lundi

La fumée sort de mon grand nez, de ma tordue bouche en milliers d’idées. Je viens de relire Bureau de tabac de Pessoa et l’incohérence de la totalité perce mes espoirs de tentative d’échappée. La maison est toujours la même- le portail est usé, les pavés recouvert de jourées à les enfoncer un peu plus dans nos piétinements clope ou pétard au bec, et la lune se balade chaque soir, nue, planquée, semi-planquée, jeu d’ombre avec les nuages, couleur de visite chez l’ophtalmo. Rien ne se passe ; ce n’est plus “rien ne se passe comme prévu”, rien ne se passe, attente de jour nouveau dans une insomnie incomprise, utilisée désormais en gage de temps. Les rêves, terrassés par la fatigue, la routine, les joints, se planquent dans les coins. Seulement un rêve qui reste des dernières semaines, avec H., la projection d’un message envoyé plus tôt, relu juste avant le sommeil, dans les volutes vertes des fleurs du sol, drômois. Un simple enlacement qui délie le stress, et je sens mon front mes yeux mon torse et mon dos se relâcher dans une douleur coupable, celle de vivre hors-réalité, dans des tournures de phrases écrites pensées oubliées, dans une interprétation constante qui gèle mes sentiments en crises chroniques incontrôlables. La colère se pose en antidote et chaque journée est une attraction, montagne russe sans tatouages, sans crime, sans flash, avec l’ennui des lieux et des personnes qui deviennent l’ennui devant nos yeux, parce qu’elles ne proposent que du vide. Je préfère les menteurs qui savent qu’ils mentent, mais continuent parce que leur imagination les guide comme un pèlerin se ferait balader jusqu’au haut d’une montagne, sans savoir où il va, par son bâton. Le cassage de gueule arrivera, mais on s’en fout, le crime paie. Les cigarettes se font éclater en deux fois une minute, en silence.

Perdu entre les filles chiantes et les filles cinglées, matelot de pacotille qui navigue en débutant, je danse de bâbord à tribord accompagné des babioles de mes conquêtes passées. Trésors perdus, échangés, jetés, volés, oubliés, jamais vendus. Reste entre mes mains la poussière de souvenir, qui floute de sel mes yeux.

Pas de prophète dans notre pays, j’aimerais un combat d’épées avec un académicien, un duel à la tête avec David Douillet, une cocotte formée face à l’hospice de l’assemblée, un rendez-vous avec une ancienne ministre, un burger king livré à domicile, des filles qui comprennent tout et s’en foutent, serrer la pogne à Dan Fante, sécher des clopes, jouer 90 minutes chaque dimanche aprem, gratter des lignes avec une cartouche d’encre en rab, cloper des sèches, un job qui fasse voyager, tout ou rien putain de merde.

29.11.11

"courage mon enfant, la douleur agrandit les âmes qu'elle fend"

Un trajet unique, un portefeuille vide, des cigarettes roulées, un bus bondé à 7h20, des problèmes administratifs, des poubelles à nettoyer, un exposé à faire en anglais à 17h15, un après-midi vide à essayer de travailler, des écouteurs dans les oreilles pour cacher les voix, son épaule contre mon bras, mon bras immobile, ma main sur le clavier, une sortie de cours à 19h18, elle me roule une cigarette, mon feu ne marche pas, retour au pays de nuit, traffic post journée type, du rap à fond, une douche brulante, du rap à fond, un repas presque bon, presque dégueulasse à la pensée du frigo plus vide que les mois précédents, des rires et de la tension pour rien, une mère seule alpiniste sans baudrier sans rien, l’arrivée d’un pote, des épisodes de Braquo, Jean-Hugues Anglade avec de la classe, des Renaults qui roulent vite, quelques whisky-coca, du rock à fond, une cigarette récidiviste, des envies de cachets, des envies de sommeil et de cernes dessinées, un travail de langue française sur Yourcenar, des tubes d’homéopathie posés en zonards sur le bureau, mon feu défaillant qui ne m’appartient même pas, des clés qui n’ouvrent que des portes, de la monnaie, un appareil photo qui ne marche plus, deux tasses de café vide, une ampoule qui a grillée, deux lettres pas encore ouverte, le mal de dos, envie de baiser une inconnue, mais de l’aimer ensuite, envie de tout résoudre, pour créer de nouveaux problèmes, envie de trouver un travail pour payer ma drogue sans remord car la bourse ne tombe pas, pas d’envie en général, mes lèvres gercées, les cicatrices violettes sur ma main, une cigarette rouge collée dans ma bouche, mes épaules contractées dans le vent, un reniflement incessant, un peu de sang craché le matin, des shreks le reste du temps, une toux rare mais violente, envie de tatouages, l’ipod charge le Black Album de Lunatic, mes yeux qui se ferment et le texte qui ne s’écrit pas, ne s’écrit pas vraiment, se réfléchit, le froid de la chambre, la peur de se pieuter, réveil le matin en sueur dans mes cauchemars.
L’envie de me défoncer la gueule à mort et de me faire défoncer la gueule pour punir par les coups toutes ces choses qui me dégoutent, une bouche ne dit la vérité que pour cracher du sang ou ne rien dire. Arriver le vendredi en cours l’œil jaune noir et compter les personnes qui se disent que je le mérite- j’en serai. Vendre toutes les conneries que j’entasse dans ma putain de chambre d’enfant, les brûler, les donner, oublier la vie en glose dans ces objets. Arrêter la fac, trouver un boulot, un appartement et fermer ma gueule. Passer le permis, arrêter de ne plus me souvenir des fins de soirées, oublier Mathilde, ne plus penser Hortense, qui rajeunit à chaque mot, à chaque rire idiot, chaque phrase puérile, et reste belle dans sa connerie. Trouver une fille qui ne croit pas ce que l’on dit et ne cherche pas à croire mais voir. Lire des poèmes à haute voix, des poèmes pleins de substances - repenti - insultes - persévérance. Marquer un but, pointer le ciel des doigts, mes deux longs majeurs. Fermer les yeux, en avoir mal.

"l'aventure, c'est la rencontre avec ce qui doit advenir"

jeudi 10, 2h25


je n’écris plus dans ce carnet. Me suis fait à l’idée que la souffrance peut être tapée sur des touches de plastique électrique, des nerfs de puissance virtuelle. Le bruit de la plume faber castell sur le papier, cette ballade de bile noir sur sa contradiction nubile désireuse de tatouages, vagues éternelles illisibles, incohérentes, me manque, car en cours le bruit couvre ce combat de boxe où ma main danse en courbes cassées, en crochets maladroits. Hortense me rend fou, c’est la première fille impossible, intouchable, et une enfant qui me débecte quand je la vois boire en innocente. Je rêve de notre soirée où je l’embrassait, où elle me prenait par le cou, la taille, la main, n’y croit plus, une déception de l’amour en puissance. Rien ne comptait, rien ne compte plus. Je veux faire la sieste dans l’herbe morte des villes, je veux petit déjeuner après une nuit de quinze heures avec elle, la voir entière, cheveux devant les yeux, sans soucis, les mains douces d’une fille de dix-huit ans. Une perdition, un territoire nouveau, fin 2011. Je ne pense qu’elle, qui m’engloutit, me perd, la mer autour d’Ulysse, l’alcool et la fumée devant les yeux et dans la barbe de Bukowski. La PEUR me flingue, et l’AMOUR m’encourage, me rebaptise humain, m’ôte des années d’ennui, même si je sais que ça ne marchera pas. Illusion vaine du temps perdu. L’université m’attire, il y a le local, ceux qui squattent avec moi et trainent leurs sneakers jusqu’aux salles de cours, les yeux rouges sous le ciel gris qui pleure des larmes d’acide sur les baies vitrées, alors que je l’observe descendre les escaliers, ma cigarette en bouche,  sourire fugitif masqué de fumée. Elle définit mon automne, les couleurs cassées amis des feuilles qui recouvrent nos idées en confrérie d’or, de bronze, mélanges alchimistes ; leur craquement est docile sous mes pieds, alors qu’elle approche en trotteuse intemporelle, stoppe l’horloge emballe mon cœur qui bat mes tempes, réminiscence insomniaques. Dégouline l’alcool en perles odorantes dans nos dos le vendredi matin, j’ai repris le foot avant-hier et la douleur était fraîche comme la première bouffée sur nos joints de beuf, la courbature se faisant oublier en tireur embusqué, celui qui attends le mouvement pour irriguer le sang chauffé par les tensions, l’espoir et le désespoir, alternatifs compagnons de mes humeurs et mon amour, mot vide. Pour toujours le monde sera magnifique. Pour toujours le monde sera dégueulasse. Mais on s’en fout. Et pas mal de kilomètres à faire avant le sommeil. Et pas mal de crachats au pied su soleil. La lune mange mes mégots, tousse des nuages.


vendredi 11


tout n’était qu’illusion, elle est une belle raison pour péter des mots et les classer en paysage imaginaire. Il faut beaucoup aimer les enfants pour l’aimer.

impressions idiotes, Monet m'aurait frappé

Aujourd’hui, le thème de l’émission présentée par Sophie Davant, “Toute Une Histoire”, est “Non, ton petit ami ne viendra pas dormir à la maison !”. On voit des mères se liguer contre leurs filles de quatorze ans, paires d’yeux pochés de bleu noir. Chaque nana mitraillée de questions folles. Le public semble en carton, un œil global, avenant compréhensif. On se demande qui est le/la plus pute de toutes. Amen.


Je regarde la photo d’H. et moi. Un dinosaure et une gazelle, slow motion sur le nuage de Sangoku, en attente de fusion. J’écoute les albums qu’elle m’a passée. Au lieu de mes vingt-et-une années de fierté, je flotte face au ciel, dans une crique de chaleur, une zone de mon corps oubliée. Bien sur la vie reste un piège, mais aujourd’hui je veux éviter ces pièges, au lieu d’aimer m’y empaler. Envie de cafés, de cigarettes, de balades débiles (rêve de sprint sans fin cette nuit, mais, pour une fois, je ne fuyais pas. Intéressant, n’est-ce pas?), de relire les dernières choses de Bukowski.


Rester avec le vieux Buk c’est rester fondu dans le bitume, sous les nuages. Rien n’est certain. La folie, elle, est absolue. Elle est jeune et je me sens très vieux, très con, très fatigué, et son sourire m’attire, me fend le flanc de nœuds. L’harmonica balance son râle mélancolique par à coups. Le blues se forme, s’écrase sur mon crane assommé, défoncé pour oublier qu’avec elle, ça ne marchera pas. Film muet de cul ultra violent, putain de bordel- et je n’ai pas le sourire de Dujardin. Pffff, c’est une misère, je m’étais habitué aux déceptions programmées, désirées, préparées. Pour une fois- tant pis. A la manière du ter ter je suis gueule ouverte sur le trottoir en sang l’œil insensé la compréhension envolée, plus de bails valables sauf partir, partir, et partir sans bouger car impossible de faire autre chose. Certains connards disent qu’on ne peut pas écrire avec une fille dans la tête, qu’ils aillent se faire enculer, c’est la meilleure des choses, sourire de fulgurance et mèches rebelles, bottines clappantes et écharpe immense. Le réveil n’est pas très stimulant, ma bouche témoigne de ce que j’ai fumé hier en éclaté plus des baisers que l’on a fait :


Je marche dans la maison, vais me faire du café. France 3 nous dit en zone orange pour une sorte de tempête de merde, et M6 non. La pluie ronronne sur la petite avancée au toit transparent, installée par mon nouveau beau-père. Le chien s’est étiré mais n’a pas bougé, la cafetière râle et je vais fumer mon joint, seul, en attendant le café. Le cœur serré comme un enfant de douze ans, je suis au moins en vie. Le grain noir se fait baiser par l’eau brulante et laisse une légère mousse en haut pour protester. Je ne lui ai rien laissé. La maison est silencieuse, les horloges décalées ne m’indiquent rien, je m’accroche aux aiguilles et fixe les leds à l’autre mur. Dehors, tout ce qui se planque dans mon corps semble se donner en insouciance : les feuilles tourbillonnes, la pluie fouette la peau, le vent autant en emporte, et les lampadaires sont cachés par moment par les arbres qui sont secoués par le temps, ces bons vieux arbres plantés là, à côté d’un lampadaire toujours chiant. Ils veulent être à côté du soleil, et pas de putains de lampadaire tu vois? C’est une métaphore de merde, mais jamais tentée, un Raymond Carverisme courageux, électronique, un siècle trop loin.

"sa maigreur d'ortie sèche, je ne vois pas un souvenir pour la faire frissonner."

Pour commencer ce billet, j’ai du nettoyer ma table et fumer un joint. Je suis dans mon garage, il fait plutôt froid, et j’ai du enlever les paquets de clopes, les pochons vides, les charbons puants de chicha, le tabacpateàmodeler, les cartons en tout genre et les bouteilles et les bouteilles d’eau vides ou non déclarées, mes livres, et les livres de Bukowski qu’Adeline m’a ramené de NY, prétentieusement et gentiment. On ne se parle plus depuis. J’ai mis les enceintes autour de moi, porte mes solaires, et vois la couverture d’American Psycho, ce défouloir. The Weeknd chante avec des voix naturelles Thursday, je n’ai plus de clopes et mon dernier jeudi tourne en boucle ondulée de soirée éthérée, la fille la plus jolie de la fac, et avoir été avec elle une soirée fait évaluer de nouveau la relation entre inatteignable et atteignable, possible et impossible. Parce que putain, j’ai envie de kiffer comme un enfant de 14 ans qui vient de terminer Doom III dans le noir avec un casque. Je suis “refait ma gueule”. Pffff. Elle est au cinéma pour Drive en ce moment, et je me demande comment sera son visage face à l’autisme magnétique des acteurs. Un sourire décroché comme une manchette dans le cou, des sourcils interrogés comme quand je fixais ce visage(“-qu’est-ce qu’il y a?” “-Rien, je te regarde, comme un con”), interloqué également par une putain de beauté que j’arrive pas à nommer sauf par caprice ou cri alors qu’elle est ancrée, parfaitement, pleinement, dans ma tête- qui pour une fois n’a rien voulu oublier de la soirée.

Depuis un moment je m’étais pas senti jeune, vingt-et-un ans, à fumer cigarette après cigarette, à ne pas dormir assez, et mal dormir. Hier je me suis couché défoncé à même pas 2h pour rêver d’elle, et c’était bien merde. J’attends ses messages en collégien, veux lui voler son nez dans un jeu, mais ne pas le rendre. L’embêter pour qu’elle me voit, mais me voit bien. Qu’elle porte mes vêtements, que je refuse les siens d’une blague pourrie. En fait, je n’avais pas été intéressé et intrigué et bloqué par une fille depuis une paille, sans inclure mon ex dans les mignonnes idiotes. M’en veux désormais d’avoir pris les chemins les plus faciles, comme d’hab futiles… pleins d’ennui masqué. Combien de temps cela durera meuf? J’ai besoin de temps, pour tout tout meuf, tout.


René Char et elle m’empêcheront pas de trouver mes mots la prochaine fois (les feuillets d’Hypnos note 178). Menace.

de l'or en jean-marc barr

Je regarde ses yeux bleus, et manque d’esprit pour compter le nombre de dents blanches dans son sourire, qui soutient mes deux valises de faux voyageur fatigué, yeux fermés et bouche tordue. Elle est surement aussi joviale que je suis triste. Mais ses doigts sont abimés. Elle frotte, frénétique, avec l’ongle du pouce, les doigts opposés. Ses mains de fausse brûlée trahissent ce qu’elle est, comme le bout de mes phalanges après s’être fait frappées par le crépis. Ma peau violette dans le vent et ses doigts rouge épluchés, nos mains ne mentent pas- et elle rit, parle pour que j’arrête d’observer ses doigts mais impossible, les histoires partent en rétro-projection intuitive, et je reste là, je l’écouterais jusqu’au sommeil, avec pour seuls miroirs ses mains, son visage, sa voix qui glisse, crépite comme une (belle petite) friteuse, que l’on aime entendre, mais surtout attendre. Elle dit qu’elle ne peut plus allumer ses cigarettes avec certains doigts, j’espère la croiser en partant, être le fils abandonné de Don Draper pour une scène. Je vais pisser avant de sortir. Je ne la revois pas. Fume seul. Pensée!
La merde, c’est sortir de la torpeur, se dire il faut une nouvelle mignonne, une nuit ou plusieurs, palpable, jetable, naïve -pour commencer- mais personne ne veut une fille comme ça avant 2h du matin défoncé et ou ivre. Super cool de regarder de nouveau les filles, les charmer à l’américaine, mais putain de pas cool d’avoir des relents de sentiments, de relation longue. “Boire l’amour” (pfff) pendant un certain temps, et le vomir, le digérer alors qu’il brûle à peu près autant et aussi précisément que le lance-flamme de worms armageddon. C’est découvrir le fond de la cale, la plonge dans un restau chinois, c’est de la merde, mais on veut le vivre depuis toujours. Chaque mec a voulu être un marin sur un bateau crasseux de poissards de merde et être pote avec le capitaine, et chaque fille a voulue prendre le thé avec la reine d’angleterre ou une casse-couille du même genre, être potes pour se trahir. Tout les garçons et toutes les filles de notre génération ont vu Benjamin Button et Marie Antoinette. Ou sont des menteurs. Ou sont à la rue. Ou pensent être hors-réalité, sans seringue ordonnance ni rien. Ils retardent le truc. Truc qui colle parfaitement à une génération de fantômes.Je suis rassuré d’être mal à ce point. Assurance de mettre des mots sur des sentiments passés, pour ne plus oublier les souvenirs. Arriver à entendre sa voix en cri malgré la musique, malgré le silence. J’ignore si il faut oublier changer de carnet ou se la jouer moine moyenâgeux, écrire par dessus, en gloses. Quoi que ce soit, je le sent pas. La solitude tape mes tempes, Melody Nelson, 1h49, migraine et espoir stupide.

17.10.11

comme un retard de règles...


Papa n’a rien dit, maman non plus, ils ne savent sentent pas et ce sera moi toujours en pauvre malheureux le paresseux. Le “regard” mec- mes yeux me piquent à force d’inaction et pas d’insomnie ouais!… Les mots planqués derrière le marron banal sans éclat de mes yeux lumineux comme des ampoules écologiques ont pleurés des lettres de larmes. Je peux écrire un truc con en une ou deux minutes que j’aurais jamais écrit même en une heure :

Mes yeux de boue dans la nuit noient retournent les sens et le feu démon vaincu.
Mes yeux debout dans la nuit noire tournent l’essence et le feu des monts, vingt culs.

Il est rare de sortir de cours et se dire que l’on a compris quelque chose d’essentiel putain, quelque chose qui FRAPPE et qui COGNE dans toute ta tête comme un orchestre de singes menés par un duo Bruce Willis Harrison Ford il y a des dizaines d’années. Quelque chose qui te donne envie de tout écrire en capitale pour montrer que ça compte, même si ça ne sert à rien. Un mec (un prof) et sa voix monocorde, didactique, entrainante, Arte la nuit, te parle de notions. Qui te rappellent des rêves souvenirs réalités envies. Sait qu’il le fait. Mais continue car c’est son job- aimé. Qui d’autre m’aurait expliqué un tableau de Monet que je croyais juste beau? Tout le monde s’en branle, mais ça restera toujours intéressant la porte une fois ouverte. Il m’a redonné l’envie de pourchasser toutes ces filles qui aiment la peinture mais n’ont jamais su me parler de Dali ou de tout ces types, potiers de l’imaginaire, du calme conscient cinglé. Cela me rappelle ma hantise : que quelqu’un me dise aimer Marc Lévy ou une pâte à modeler salope comme lui. C’est le genre de jour où il ne faut pas oublier sa pipe à crack chez mémé. Ouais merde bref, voir avec le regard mais les impressions l’irréel le pressenti le ressenti tout tout tout, tout ce que j’avais oublié ignoré.
Elle était donc un ciel de guerre en courbes blanches de kérosène brûlé, un corps yaourt où ma cuillère traçait des lignes pendant des heures, des yeux rouge de colère à force d’observer ses joues. Des larmes vertes et marron sur une bouche tordue de cantatrice : elle savait tout, mais l’ignorait en amoureuse des apparences. Je mesurais son cœur à son cou, son poignet toujours, toujours, toujours. Ses problèmes sont restés mes problèmes, qu’elle tente surement d’oublier avec moi. Si je ne les causais pas. Impossible d’écrire plus, pluie d’éclairs souvenirs dans ma tête, revival de scènes en version longue, j’écrirais plus et mieux un autre jour, let’s get lost.

http://www.youtube.com/watch?v=-DSVDcw6iW8

23.9.11

Devil Town est un titre con, mais une bonne chanson quand même.

Dans ma ville, aujourd'hui je zonais comme un clochard céleste, car j'étais tout de même bien habillé malgré mon combo cigarettes roulées paquet de benson gold. Après une nouvelle déception liée à l'université, qui m'a filé une envie de pleurer quasi incontrôlable (le control button était, aujourd'hui, l'album Temps Mort de Booba. Un putain de coup de génie, de coup de couteau dans l'industrie, de boule de haine meurtrie. Enfin.) comme chaque problème ces jours, un lavage de cerveau quotidien tenu en laisse par la musique, les bouquins- Dope(s) de Luc Sante, Crime et Châtiment de Fédor Do, Les Trois Roses Jaunes de Ray Carver, le dernier So Foot. Putain de merdier, ne pas savoir quoi faire quand on est un adepte du contrôle compulsif, du désintérêt contrôlable, de la perte de soi contrôlé par soi. Désir d'incontrôlable trône dans l'idée de son père.

J'ai vu une fille trop grosse, à l'accent russe, un peu tatouée, en robe à fleur, commander un Ricard dans un "pub" valentinois, et dire au téléphone, "c'est la faute du jet lag" . J'ai vu des mecs qui ne veulent pas s'écarter du trottoir pour ne pas ressentir la faiblesse d'être humain, des mecs qui croient que je les mate avec défiance derrière mes solaires, alors que je mate avec défiance une fille un peu plus loin. J'ai vu l'équivalent de dix à cent paquets de cigarettes sur un peu plus d'un kilomètre, assez de fumée pour cacher mille visages, assez de façons de tenir la clope pour former mille acteurs, tuer par brûlures quelques personnes, placer un nuage au-dessus d'un hameau. J'ai vu le gérant du tabac derrière son comptoir, un whisky devant lui, 13h40, compter ma monnaie sans certitude, sans volonté. J'ai vu pas mal de filles que j'aimerais rencontrer pour moins d'une semaine, pour éviter la lassitude et les connaître entières sauvages décomplexées ; début de relation sans ambition découverte du corps éviction des névroses, baignades dans les yeux, ride vénère sur les lèvres, tête renversée cou dévoilé cheveux tirés. J'ai vu la police à bicyclette et une presque belle fliquette, presque suédoise en uniforme cheveux blonds dans la vent, dans ma fatigue. J'ai vu beaucoup de monde sur les bancs, le sol, l'herbe car même à Valence, une bière blanche dans le nouveau café près du cinéma indé le Navire coûte quatre euros moussaillon. J'ai vu beaucoup de valises s'abimer sur les pavés de la rue victor hugo, que vomirait victor hugo. J'ai fais un détour pour observer plus de monde, me demander où ils allaient, quels étaient leurs doutes, et comment ils faisaient pour les surmonter. Tatoués, habillés, avec des amis des écouteurs une fille plus jeune, plus vieille, un chien une chienne ridée derrière ses solaires, ses talons zigzagant sans style, toujours sur les pavés de la rue victor hugo. J'ai vu des vieux avec des cigarillos au regard triste dans la fumée bleue, dans des habits giflés par les années. J'ai du voir des vieux avec un air jovial, des mocassins et un polo, mais les ai oublié. J'ai vu des bus surfer le bitume, pleins d'envie d'écraser un ou deux types, pour savoir, voir, parce qu'il y en a marre de ne pas respecter le bonhomme rouge sur les feux hein, ou que leur femme les trompe, cette pute!... J'ai vu des mecs parler fort au bar, pour être entendus- on ne doit pas souvent les écouter. J'ai vu le maillot orange de l'OM, et c'était la vision la plus triste de ma journée. Plus triste que lorsqu'on m'a dit que je ne pouvais plus étudier mes deux matières favorites, cinéma (sujet la ville personnage en le cinéma) plus arts en dialogues (sujet littérature et peinture), pour une raison administrative que personne n'a choisi de valider, les putes. J'ai encore confondu Mathilde avec une ou deux personnes, de loin, et ait senti cette chose singulière, idiote, ce coup sur le cœur, le souffle qui se coupe et la douleur qui provoque une pluie de transpiration, monte le rythme à 120, mains tremblantes yeux humides, pour rien. Pour se rappeler que ce n'était pas si mal. Il est à la fois difficile et facile d'écrire dans ces moments, mais ce n'est pas bon, on ne veut pas relire, car y a une cascade de répétitions, de lieux communs, de clichés- juste se rassurer, s'ouvrir le ventre pour ne pas faire sortir les mots d'une bouche à oreille, par habitude lassitude. On ne veux pas écrire ça mais on aime le faire, parler de soi, la même chose en boucle abimée, aussi vide et pleine que les phrases nues de Carver, qui pèsent chaque fois un peu plus lourd sur la balance, mes épaules ballantes entre les gens.


Kavinsky - Nightcall (feat. Lovefoxxx)