"-hé meuf
-salut
-c'est mon verre
-ouais. on le boit ensemble?
-hum ouais, de toute façon je suis déjà trop bourré
-c'est mieux de partager alors
-ouais. tu fumes?
-en soirée". Les filles fument toujours en soirée, mais apparemment jamais en dehors, même si c'est faux. Un mec passe derrière elle, embrasse son cou et lui passe la main sur le ventre, plat, dévoilé, pigments de peau affolés par le froid. Je continue
"-on sort?
-ok. c'est mon mec
-rien à cirer." on sort, la buée de mes paroles cache son visage, les premières syllabes. L'inverse également, charme évident.
"-tu fais plus vieux que les gens de la soirée
-ouais. je suis plus vieux, et je dors pas beaucoup. j'ai vingt ans.
-ah putain d'accord. au fait, je m'appelle chloé.
-thomas
-enchantée, thomas
-également. quel age as-tu alors?
-je vais sur mes dix-sept."
Soudaine envie de me déglinguer la gueule encore un peu plus vite. "Salut boisson sourire on s'évapore". Elle rit, comme si c'était un crime avec lequel elle aime s'amuser. Pas loin. Le temps de penser à Bukowski, et de m'y croire presque, je continue de lui parler. Après tout elle est plutôt jolie, son mec est ici, le genre de contexte que l'on apprécie jusqu'au lendemain matin. Finalement je pars, elle n'a rien qui pourrait m'intriguer, et déjà plus l'innocence qui enlèverait l'impression qu'elle me drague comme à un festival d'électro. Peut-être qu'elle va me demander de la c. Tonton dealer. Non. Le verre est vide, je le récupère, lui touchant vaguement la main, hésite à lui dire une merde de Nerval pour qu'elle fuit ou reste. Non. Destination le bar, où je garderai le verre en main. De toute façon demain il y a match, encore, "équipe de quartier" a dit le coach, s'excusant presque, donnant l'impression que l'on va à la mort. Le pauvre. Les seuls mecs morts sur un terrain ont prit la foudre ou trop de produits.
"...in that drunken place
you would
like to hand your heart to her
and say
touch it
but then
give it back."
Charles le grand
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