Les filles me demandent pourquoi je fume des Dunhill. Des fois je dis que je ne sais pas, des fois qu'il n'y a pas "d'agent de saveur et de texture, et que le carré rouge c'est cool". Mais ces deux réponses sont fausses, rien à foutre. Il y a quelque chose d'autre, que personne ne trouvera jamais. Ce n'est pas parce que mon père fume des Dunhill. Gitanes, Camel, Marlboro, Fortuna, et maintenant roulées: mon père mène une vie où la classe se mêle progressivement à la déliquescence. Jusqu'au cancer?...
Pourtant c'est une chose aussi idiote qu'une balade sur la plage, ou un jeu de flipper. Pendant que je fume ma cigarette, je réalise que mes secrets se sont évaporé avec le temps. Très peu de choses restent en moi, et ne se reflètent pas avec un ami ou une ex ou une feuille. Pour tromper l'ennui je me suis dévoilé, paumé. Cela n'a jamais marché, car on paraît toujours plus étrange; la révélation couplée à la peur. Un détail sera inaccessible pour cette fille et évident à mes yeux. J'ai peut-être oublié toutes les étapes qui forment le souvenir. L'important est aveugle, invisible, alors je chasse les broutilles. La couleur de ses ongles, ressemblant au fond d'une bouteille de Merlot, la façon dont elle se maquille, la chorégraphie de ses doigts autour de la cigarette, autour de moi, autour de son verre de Ricard, autour du volant, de son blackberry, des affaires qu'elle remet avant de partir.
Je me demande si je parle trop car je suis trop souvent pété. Si je n'ai pas écrit depuis tout ce temps, c'est que j'étais occupé à me mettre en situation pour ne plus penser, ou penser à des choses qui n'ont rien à voir avec ma putain de vie. Pété avec les potes, le meilleur des programmes. Parfait pour s'engueuler avec sa copine et faire le mort sans penser qu'on feinte la mort, car à 16h on ne se rend pas compte qu'on est déjà loin, à mater l'intégrale de Seth Gueko sur youtube. Le plus chiant est d'être un putain de hiboux cinq ou six heures avant les exams, "obligé" à fumer "un bon joint du 92", comme rapperait l'autre, pour dormir. Mais je ne suis pas dépendant, juste ravi.
Je me demande également si on peut écrire quelque chose de fort sur le football. C'est con. Le foot est con, et le traiter en sujet est encore plus con, mais courir, faire voler un mec et prendre le ballon, la sueur qui brule les plaies à vif, le bruit du cuir qui caresse le filet avec fureur... Bref. Texte de merde. Mais fallait recommencer. Rien n'a changé, et rien ne changera, 2011 partira bien tôt.
The Good The Bad - OO1
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