Je me demande souvent quelle est la bonne façon d'écrire. Je sais que je peux charmer pas mal de personnes si je veux les charmer, avec des fuites de mots irréfléchis, qui n'ont aucun sens sauf esthétique et acide, cette écriture automatique qui était la plus sincère de toute à mes yeux mais, à la fin, ces choses ne servent qu'à s'aveugler ou à draguer des filles (ça reste pas mal, une substance).
La forme parfaite est celle d'une phrase dénudée qui n'utilise aucun mot en trop sauf quand le sentiment le nécessite. Une dague solaire et simple, ajoutée au regard de celui qui lit, devient le miroir. Alors que, de chaque côté de ce miroir, il n'y a que deux paires d'yeux qui ne verront jamais de la même façon. Que ce soit par amour, par passion, par raison, autre chose, on ne verra jamais qu'avec son propre regard. C'est très con, mais cette image me fout dans un sentiment de désespoir tel que je pourrais presque en devenir David Lynch ou Marguerite Duras (ce qui n'est pas si mal non plus). Ce me pose aussi en contradiction avec la plupart des gens, dés qu'ils deviennent plus ou moins intime.
Je sais qu'elle est naïve et le restera jusqu'au moment où je lui briserai le cœur, avec une explication de "ma vision des choses", qu'elle ne croira pas car elle me connaît depuis longtemps. Ses jambes n'y pourront rien, ses cheveux non plus, les yeux encore moins, toute son odeur se perdra dans le coton des draps froissés, et je resterai immobile comme à chaque fois. Le seul mouvement sera celui de la cigarette, qui remplira la chambre de sa danse, pour s'effacer ensuite comme une voleuse. Alors je prendrai un carnet ou l'ordinateur, une bouteille de vin ou de whisky, s'il en reste, et j'essaierai de comprendre ce que j'ai déjà compris depuis des jours, convaincu que tout est faux face à elle. Qui restera sur le lit, ou partira sans mettre sa veste, car le temps aussi file. Je ne la retiendrai pas, mais dans des jours peut-être l'un piquera l'autre dans un sursaut de solitude. Et tout repart. L'avantage de se montrer faible, c'est que tout est facile, repoussé dans le temps. Alors je suis le meilleur pour fuir, pour marcher sans but, sans savoir pourquoi, à trainer des souvenirs d'histoire dans mon baluchon, derrière moi toujours pour ne pas qu'ils me rattrapent et me foutent dans une merde impossible.
C'est ainsi que surgit l'avantage de l'alcool. Trop pour le corps, trop pour tout le corps: impossible de continuer à agoniser l'idée confiante de la vérité sur la vie. Je me contente alors de fumer, de boire jusqu'à tomber sur le côté, car j'ai déjà enlevé mes pompes en homme d'expérience, le bras ne s'écrasera pas sur le tissu mais le sol, histoire de ne pas niquer le mobilier ou ma peau. Un autre avantage est le nombre d'albums que je commence à connaître avec ces conneries. Merci l'indie-rock, et merci le combo sixties-seventies. Formule increvable, comme Johnny.
A voir, pour rire et se dire que c'est pas si con: High Fidelity de Stephen Frears (oui, j'ai la grippe, je me fait chier, je m'offre le temps de la découverte par la fièvre).
Destroyer - Chinatown, et tout le reste
Le vrai problème, c'est que je ne sais pas écrire une histoire ignorée.
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