23.9.11

Devil Town est un titre con, mais une bonne chanson quand même.

Dans ma ville, aujourd'hui je zonais comme un clochard céleste, car j'étais tout de même bien habillé malgré mon combo cigarettes roulées paquet de benson gold. Après une nouvelle déception liée à l'université, qui m'a filé une envie de pleurer quasi incontrôlable (le control button était, aujourd'hui, l'album Temps Mort de Booba. Un putain de coup de génie, de coup de couteau dans l'industrie, de boule de haine meurtrie. Enfin.) comme chaque problème ces jours, un lavage de cerveau quotidien tenu en laisse par la musique, les bouquins- Dope(s) de Luc Sante, Crime et Châtiment de Fédor Do, Les Trois Roses Jaunes de Ray Carver, le dernier So Foot. Putain de merdier, ne pas savoir quoi faire quand on est un adepte du contrôle compulsif, du désintérêt contrôlable, de la perte de soi contrôlé par soi. Désir d'incontrôlable trône dans l'idée de son père.

J'ai vu une fille trop grosse, à l'accent russe, un peu tatouée, en robe à fleur, commander un Ricard dans un "pub" valentinois, et dire au téléphone, "c'est la faute du jet lag" . J'ai vu des mecs qui ne veulent pas s'écarter du trottoir pour ne pas ressentir la faiblesse d'être humain, des mecs qui croient que je les mate avec défiance derrière mes solaires, alors que je mate avec défiance une fille un peu plus loin. J'ai vu l'équivalent de dix à cent paquets de cigarettes sur un peu plus d'un kilomètre, assez de fumée pour cacher mille visages, assez de façons de tenir la clope pour former mille acteurs, tuer par brûlures quelques personnes, placer un nuage au-dessus d'un hameau. J'ai vu le gérant du tabac derrière son comptoir, un whisky devant lui, 13h40, compter ma monnaie sans certitude, sans volonté. J'ai vu pas mal de filles que j'aimerais rencontrer pour moins d'une semaine, pour éviter la lassitude et les connaître entières sauvages décomplexées ; début de relation sans ambition découverte du corps éviction des névroses, baignades dans les yeux, ride vénère sur les lèvres, tête renversée cou dévoilé cheveux tirés. J'ai vu la police à bicyclette et une presque belle fliquette, presque suédoise en uniforme cheveux blonds dans la vent, dans ma fatigue. J'ai vu beaucoup de monde sur les bancs, le sol, l'herbe car même à Valence, une bière blanche dans le nouveau café près du cinéma indé le Navire coûte quatre euros moussaillon. J'ai vu beaucoup de valises s'abimer sur les pavés de la rue victor hugo, que vomirait victor hugo. J'ai fais un détour pour observer plus de monde, me demander où ils allaient, quels étaient leurs doutes, et comment ils faisaient pour les surmonter. Tatoués, habillés, avec des amis des écouteurs une fille plus jeune, plus vieille, un chien une chienne ridée derrière ses solaires, ses talons zigzagant sans style, toujours sur les pavés de la rue victor hugo. J'ai vu des vieux avec des cigarillos au regard triste dans la fumée bleue, dans des habits giflés par les années. J'ai du voir des vieux avec un air jovial, des mocassins et un polo, mais les ai oublié. J'ai vu des bus surfer le bitume, pleins d'envie d'écraser un ou deux types, pour savoir, voir, parce qu'il y en a marre de ne pas respecter le bonhomme rouge sur les feux hein, ou que leur femme les trompe, cette pute!... J'ai vu des mecs parler fort au bar, pour être entendus- on ne doit pas souvent les écouter. J'ai vu le maillot orange de l'OM, et c'était la vision la plus triste de ma journée. Plus triste que lorsqu'on m'a dit que je ne pouvais plus étudier mes deux matières favorites, cinéma (sujet la ville personnage en le cinéma) plus arts en dialogues (sujet littérature et peinture), pour une raison administrative que personne n'a choisi de valider, les putes. J'ai encore confondu Mathilde avec une ou deux personnes, de loin, et ait senti cette chose singulière, idiote, ce coup sur le cœur, le souffle qui se coupe et la douleur qui provoque une pluie de transpiration, monte le rythme à 120, mains tremblantes yeux humides, pour rien. Pour se rappeler que ce n'était pas si mal. Il est à la fois difficile et facile d'écrire dans ces moments, mais ce n'est pas bon, on ne veut pas relire, car y a une cascade de répétitions, de lieux communs, de clichés- juste se rassurer, s'ouvrir le ventre pour ne pas faire sortir les mots d'une bouche à oreille, par habitude lassitude. On ne veux pas écrire ça mais on aime le faire, parler de soi, la même chose en boucle abimée, aussi vide et pleine que les phrases nues de Carver, qui pèsent chaque fois un peu plus lourd sur la balance, mes épaules ballantes entre les gens.


Kavinsky - Nightcall (feat. Lovefoxxx)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire