19.9.11

"Pute" était le titre provisoire, en pleine bourre, wahou

A partir du moment où l'on se réveille le matin, encore ivre, envie de pleurer comme une pute de dix-sept ans larguée par un gars comme moi typiquement, lentement, comme un missile d'une tonne sur un village serbe, sans amertume ni regret, on se dit qu'il y a un problème. On choppe la bouteille de coca encore dans ses bras, l'ouvre, et bois une gorgée qui file une envie de gerber monstrueuse. Fin de mélange. Cool. Je finit le truc histoire de me consoler et consolider l'idée que je suis fort, ivre, triste. On se prends à rêver de l'odeur du repas d'hier soir préparé par sa maman, et imagine le déjeuner, la cerne ouverte comme une plaie de boxer thaïlandais raté en préparation, sauf qu'ici on ne prépare que l'ennui. On se dit que hier c'était de la putain de merde, et c'est vrai, mais le problème c'est qu'on y était bien dans cette putain de merde. L’œil rempli de bile semi-opaque, démarche de loubard en décomposition, un gang de loup en marche en chasse en perdition, les autres se lèvent avec la gueule de bois, le dégout. Et je me délecte de la douleur. Le passé le problème vieille rengaine, idée proustienne de retardé alors que l'on n'a jamais réellement lu Proust, mais qu'on y songe. Un été de trois mois et demi et les deux tiers défoncé à la résine, Swift Guad me chuchote de sa voix graveleuse "on fume du marron, on broie du noir on baise du bleu", mais les bleus sont sur mon corps et habillent mes yeux comme des chaussures trouées de Rimbaud triste sans idéal sans talent sans issue, pas de police où j'habite sauf pour traquer des gitans ou des voleurs de tire miteux, des mecs en vacances qui confisquent ton litre de whisky, t'intiment de venir le chercher le lendemain, et te foutent une disquette avec un jeu d'acteur digne d'un enculé de Plus Belle La Vie. Un tiers d'été conclu par un largage, le mien bien sur pour une fois, par la seule fille que j'ai aimé, qui trace des rides sur une gueule simili trentenaire, pourtant sans belle barbe. Punition. La raison entraine la suite, une tromperie oubliée parce que trop de tout, un trou noir qui appelle depuis plus d'un mois ses descendants, nuits de cuites où rien ne compte sauf se mettre le compte, le portail, la cabane, tout ce que tu voudras, que je boirai. Un été de travail conclu par ça, un été de terrasse la nuit dans une brume odorante sous un ciel clair, dents blanches fous rires du présent du passé et d'un futur éclaté de boulots inintéressants obligatoires, comme me séparer de toi, me trouver jouet d'enfant à qui on arrache la tête. Alors que je pensais jouer avec toi par amour taquin. Rien de tout cela n'est réel le soir en titubant, en crachant mes mots en glaviots insensés, en paroles aérées que personne ne comprends, moi non plus, et j'ai mis un X devant ton prénom, pour ne pas t'appeler, plus t'appeler, ton putain de prénom, idiot comme une chanson de Brassens, que l'on aime quand même. Léo Ferré est pourtant meilleur.

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