Aujourd'hui, je suis allé chez le coiffeur. Si j'avais une putain de coupe de hippie cet été, ce n'était point le hasard. Les coiffeurs ont toujours été porteur de ce "germe fashion", et, si jamais une certaine classe les entoure, ils en jouent ostensiblement, et deviennent de gros casse couille croyant tout savoir faire des poils crânien, et forcément du reste. Mais je suis frisé les mecs (enfin les meufs et leurs rajouts/mèches/teintures/franges/dégueulasses), intouchable, les cheveux du diable, les filles qui observent intriguées du coin de l'œil (j'habite en province), les mecs qui veulent cogner cogner comme un Mackogneur, mais cette histoire de cheveux marche toujours avec ces filles, et puis j'ai le cuir chevelu sensible, elles aiment y passer la main, entente cordiale avant le dégout, découverte de la personnalité toujours.
Un chanteur portugais passe sur France 3, l'écoutant j'imagine une série de jongles sur une plage d'utopie interrompue par le passage d'un paradis, les cheveux noirs et la peau de terre, miel et monoï, sculpté par Malice, Insouciance, autant se la jouer Renaissance et appeler les Muses, avancer cerclé de rêves inutiles mais persistants, au final des ancres bouffant le sable au fond de l'océan roulant et brisant tout sauf le fer ; une pianiste sur Arte, Concerto pour piano numéro 1 de Chopin, et je m'invente en écrivain américain, devant la machine à écrire défoncée de coups d'ivrogne, remplie de cendres puantes, vieux meublés de l'addiction et filles détruites par la société ou ces même ivrognes, même plus le temps d'imaginer, alors je me décline à l'envie, n'ayant rien d'autre à dire.
On ne se rendra jamais assez compte de la chance d'être en france pour tout ces vins, toutes ces différences et tout ces fumigènes dans la foule, les boucliers de plexiglas floutant la peur de la masse qu'on aimerait rejoindre, alors on se tient droit et on encaisse, métaphore d'un pays en crise depuis deux mille ans, d'un pays suicidé comme dirait le Beigbeder, l'axiome vin saucisson cigarette cheveux épais tombant devant les yeux, corps fuyant se laissant caresser, amour d'un soir imaginant une vie à deux dans l'oubli du sommeil, fuite inconsciente de l'espoir n'apparaissant que dans l'inattention d'un geste tendre, d'une fêlure simple et profonde, comme une épopée logique du temps- expliquer à tout ces gens gâche le temps alors je me mutile de silence, et attends que l'on vienne me chercher à coups de cohérence.
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