Un trajet unique, un portefeuille vide, des cigarettes roulées, un
bus bondé à 7h20, des problèmes administratifs, des poubelles à
nettoyer, un exposé à faire en anglais à 17h15, un après-midi vide à
essayer de travailler, des écouteurs dans les oreilles pour cacher les
voix, son épaule contre mon bras, mon bras immobile, ma main sur le
clavier, une sortie de cours à 19h18, elle me roule une cigarette, mon
feu ne marche pas, retour au pays de nuit, traffic post journée type, du
rap à fond, une douche brulante, du rap à fond, un repas presque bon,
presque dégueulasse à la pensée du frigo plus vide que les mois
précédents, des rires et de la tension pour rien, une mère seule
alpiniste sans baudrier sans rien, l’arrivée d’un pote, des épisodes de
Braquo, Jean-Hugues Anglade avec de la classe, des Renaults qui roulent
vite, quelques whisky-coca, du rock à fond, une cigarette récidiviste,
des envies de cachets, des envies de sommeil et de cernes dessinées, un
travail de langue française sur Yourcenar, des tubes d’homéopathie posés
en zonards sur le bureau, mon feu défaillant qui ne m’appartient même
pas, des clés qui n’ouvrent que des portes, de la monnaie, un appareil
photo qui ne marche plus, deux tasses de café vide, une ampoule qui a
grillée, deux lettres pas encore ouverte, le mal de dos, envie de baiser
une inconnue, mais de l’aimer ensuite, envie de tout résoudre, pour
créer de nouveaux problèmes, envie de trouver un travail pour payer ma
drogue sans remord car la bourse ne tombe pas, pas d’envie en général,
mes lèvres gercées, les cicatrices violettes sur ma main, une cigarette
rouge collée dans ma bouche, mes épaules contractées dans le vent, un
reniflement incessant, un peu de sang craché le matin, des shreks le
reste du temps, une toux rare mais violente, envie de tatouages, l’ipod
charge le Black Album de Lunatic, mes yeux qui se ferment et le texte
qui ne s’écrit pas, ne s’écrit pas vraiment, se réfléchit, le froid de
la chambre, la peur de se pieuter, réveil le matin en sueur dans mes
cauchemars.
L’envie de me défoncer la gueule à mort et de me faire défoncer la
gueule pour punir par les coups toutes ces choses qui me dégoutent, une
bouche ne dit la vérité que pour cracher du sang ou ne rien dire.
Arriver le vendredi en cours l’œil jaune noir et compter les personnes
qui se disent que je le mérite- j’en serai. Vendre toutes les conneries
que j’entasse dans ma putain de chambre d’enfant, les brûler, les
donner, oublier la vie en glose dans ces objets. Arrêter la fac, trouver
un boulot, un appartement et fermer ma gueule. Passer le permis,
arrêter de ne plus me souvenir des fins de soirées, oublier Mathilde, ne
plus penser Hortense, qui rajeunit à chaque mot, à chaque rire idiot,
chaque phrase puérile, et reste belle dans sa connerie. Trouver une
fille qui ne croit pas ce que l’on dit et ne cherche pas à croire mais
voir. Lire des poèmes à haute voix, des poèmes pleins de substances -
repenti - insultes - persévérance. Marquer un but, pointer le ciel des
doigts, mes deux longs majeurs. Fermer les yeux, en avoir mal.
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