jeudi 10, 2h25
je n’écris plus dans ce carnet. Me suis fait à l’idée que la
souffrance peut être tapée sur des touches de plastique électrique, des
nerfs de puissance virtuelle. Le bruit de la plume faber castell sur le
papier, cette ballade de bile noir sur sa contradiction nubile désireuse
de tatouages, vagues éternelles illisibles, incohérentes, me manque,
car en cours le bruit couvre ce combat de boxe où ma main danse en
courbes cassées, en crochets maladroits. Hortense me rend fou, c’est la
première fille impossible, intouchable, et une enfant qui me débecte
quand je la vois boire en innocente. Je rêve de notre soirée où je
l’embrassait, où elle me prenait par le cou, la taille, la main, n’y
croit plus, une déception de l’amour en puissance. Rien ne comptait,
rien ne compte plus. Je veux faire la sieste dans l’herbe morte des
villes, je veux petit déjeuner après une nuit de quinze heures avec
elle, la voir entière, cheveux devant les yeux, sans soucis, les mains
douces d’une fille de dix-huit ans. Une perdition, un territoire
nouveau, fin 2011. Je ne pense qu’elle, qui m’engloutit, me perd, la mer
autour d’Ulysse, l’alcool et la fumée devant les yeux et dans la barbe
de Bukowski. La PEUR me flingue, et l’AMOUR m’encourage, me rebaptise
humain, m’ôte des années d’ennui, même si je sais que ça ne marchera
pas. Illusion vaine du temps perdu. L’université m’attire, il y a le
local, ceux qui squattent avec moi et trainent leurs sneakers jusqu’aux
salles de cours, les yeux rouges sous le ciel gris qui pleure des larmes
d’acide sur les baies vitrées, alors que je l’observe descendre les
escaliers, ma cigarette en bouche, sourire fugitif masqué de fumée.
Elle définit mon automne, les couleurs cassées amis des feuilles qui
recouvrent nos idées en confrérie d’or, de bronze, mélanges
alchimistes ; leur craquement est docile sous mes pieds, alors qu’elle
approche en trotteuse intemporelle, stoppe l’horloge emballe mon cœur
qui bat mes tempes, réminiscence insomniaques. Dégouline l’alcool en
perles odorantes dans nos dos le vendredi matin, j’ai repris le foot
avant-hier et la douleur était fraîche comme la première bouffée sur nos
joints de beuf, la courbature se faisant oublier en tireur embusqué,
celui qui attends le mouvement pour irriguer le sang chauffé par les
tensions, l’espoir et le désespoir, alternatifs compagnons de mes
humeurs et mon amour, mot vide. Pour toujours le monde sera magnifique.
Pour toujours le monde sera dégueulasse. Mais on s’en fout. Et pas mal
de kilomètres à faire avant le sommeil. Et pas mal de crachats au pied
su soleil. La lune mange mes mégots, tousse des nuages.
vendredi 11
tout n’était qu’illusion, elle est une belle raison pour péter des
mots et les classer en paysage imaginaire. Il faut beaucoup aimer les
enfants pour l’aimer.
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