29.11.11

"l'aventure, c'est la rencontre avec ce qui doit advenir"

jeudi 10, 2h25


je n’écris plus dans ce carnet. Me suis fait à l’idée que la souffrance peut être tapée sur des touches de plastique électrique, des nerfs de puissance virtuelle. Le bruit de la plume faber castell sur le papier, cette ballade de bile noir sur sa contradiction nubile désireuse de tatouages, vagues éternelles illisibles, incohérentes, me manque, car en cours le bruit couvre ce combat de boxe où ma main danse en courbes cassées, en crochets maladroits. Hortense me rend fou, c’est la première fille impossible, intouchable, et une enfant qui me débecte quand je la vois boire en innocente. Je rêve de notre soirée où je l’embrassait, où elle me prenait par le cou, la taille, la main, n’y croit plus, une déception de l’amour en puissance. Rien ne comptait, rien ne compte plus. Je veux faire la sieste dans l’herbe morte des villes, je veux petit déjeuner après une nuit de quinze heures avec elle, la voir entière, cheveux devant les yeux, sans soucis, les mains douces d’une fille de dix-huit ans. Une perdition, un territoire nouveau, fin 2011. Je ne pense qu’elle, qui m’engloutit, me perd, la mer autour d’Ulysse, l’alcool et la fumée devant les yeux et dans la barbe de Bukowski. La PEUR me flingue, et l’AMOUR m’encourage, me rebaptise humain, m’ôte des années d’ennui, même si je sais que ça ne marchera pas. Illusion vaine du temps perdu. L’université m’attire, il y a le local, ceux qui squattent avec moi et trainent leurs sneakers jusqu’aux salles de cours, les yeux rouges sous le ciel gris qui pleure des larmes d’acide sur les baies vitrées, alors que je l’observe descendre les escaliers, ma cigarette en bouche,  sourire fugitif masqué de fumée. Elle définit mon automne, les couleurs cassées amis des feuilles qui recouvrent nos idées en confrérie d’or, de bronze, mélanges alchimistes ; leur craquement est docile sous mes pieds, alors qu’elle approche en trotteuse intemporelle, stoppe l’horloge emballe mon cœur qui bat mes tempes, réminiscence insomniaques. Dégouline l’alcool en perles odorantes dans nos dos le vendredi matin, j’ai repris le foot avant-hier et la douleur était fraîche comme la première bouffée sur nos joints de beuf, la courbature se faisant oublier en tireur embusqué, celui qui attends le mouvement pour irriguer le sang chauffé par les tensions, l’espoir et le désespoir, alternatifs compagnons de mes humeurs et mon amour, mot vide. Pour toujours le monde sera magnifique. Pour toujours le monde sera dégueulasse. Mais on s’en fout. Et pas mal de kilomètres à faire avant le sommeil. Et pas mal de crachats au pied su soleil. La lune mange mes mégots, tousse des nuages.


vendredi 11


tout n’était qu’illusion, elle est une belle raison pour péter des mots et les classer en paysage imaginaire. Il faut beaucoup aimer les enfants pour l’aimer.

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