29.11.11

"sa maigreur d'ortie sèche, je ne vois pas un souvenir pour la faire frissonner."

Pour commencer ce billet, j’ai du nettoyer ma table et fumer un joint. Je suis dans mon garage, il fait plutôt froid, et j’ai du enlever les paquets de clopes, les pochons vides, les charbons puants de chicha, le tabacpateàmodeler, les cartons en tout genre et les bouteilles et les bouteilles d’eau vides ou non déclarées, mes livres, et les livres de Bukowski qu’Adeline m’a ramené de NY, prétentieusement et gentiment. On ne se parle plus depuis. J’ai mis les enceintes autour de moi, porte mes solaires, et vois la couverture d’American Psycho, ce défouloir. The Weeknd chante avec des voix naturelles Thursday, je n’ai plus de clopes et mon dernier jeudi tourne en boucle ondulée de soirée éthérée, la fille la plus jolie de la fac, et avoir été avec elle une soirée fait évaluer de nouveau la relation entre inatteignable et atteignable, possible et impossible. Parce que putain, j’ai envie de kiffer comme un enfant de 14 ans qui vient de terminer Doom III dans le noir avec un casque. Je suis “refait ma gueule”. Pffff. Elle est au cinéma pour Drive en ce moment, et je me demande comment sera son visage face à l’autisme magnétique des acteurs. Un sourire décroché comme une manchette dans le cou, des sourcils interrogés comme quand je fixais ce visage(“-qu’est-ce qu’il y a?” “-Rien, je te regarde, comme un con”), interloqué également par une putain de beauté que j’arrive pas à nommer sauf par caprice ou cri alors qu’elle est ancrée, parfaitement, pleinement, dans ma tête- qui pour une fois n’a rien voulu oublier de la soirée.

Depuis un moment je m’étais pas senti jeune, vingt-et-un ans, à fumer cigarette après cigarette, à ne pas dormir assez, et mal dormir. Hier je me suis couché défoncé à même pas 2h pour rêver d’elle, et c’était bien merde. J’attends ses messages en collégien, veux lui voler son nez dans un jeu, mais ne pas le rendre. L’embêter pour qu’elle me voit, mais me voit bien. Qu’elle porte mes vêtements, que je refuse les siens d’une blague pourrie. En fait, je n’avais pas été intéressé et intrigué et bloqué par une fille depuis une paille, sans inclure mon ex dans les mignonnes idiotes. M’en veux désormais d’avoir pris les chemins les plus faciles, comme d’hab futiles… pleins d’ennui masqué. Combien de temps cela durera meuf? J’ai besoin de temps, pour tout tout meuf, tout.


René Char et elle m’empêcheront pas de trouver mes mots la prochaine fois (les feuillets d’Hypnos note 178). Menace.

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